Retour sur les ateliers Mauvaise Presse au Safran


Le 17 mai débutaient les ateliers « Mauvaises Presse ». Organisés par Carmen dans le cadre de la résidence de journalistes à Amiens, ces ateliers s’adressent aux jeunes désireux de s’exprimer à travers la vidéo, la photo, le journalisme…

Dans le cadre très chaleureux du Safran où se déroulaient ces ateliers chaque mercredi, nous avons fait la connaissance de Mohamed, Abdallah et Haroun, petit groupe de demandeurs d’asile venus du Soudan, ils ont fait preuve de beaucoup d’enthousiasme à l’idée de travailler sur ce projet avec l’équipe de Carmen et Flora BEILLOUIN, journaliste en résidence à l’association.

Nous avons d’abord rencontré Mohamed, venu en curieux pour découvrir l’atelier et les activités proposées. Il nous parla longuement du  périple qui l’a mené jusqu’à Amiens, n’omettant aucun  détail. Nous nous sommes quittés avec l’envie de prolonger le dialogue et de lui donner une forme par le biais de l’atelier. De retour chez lui, Mohammed a parlé de notre rencontre avec ses colocataires et c’est ainsi que Haroun et Abdallah on rejoint notre équipe.

Nos premières rencontres avec le groupe visaient à apprendre à se connaître pour définir ensemble le fond et la forme du film. Nous avons fini par aboutir à la conclusion que le film raconterai le quotidien de ce petit groupe de réfugiés à Amiens, qu’il sera un médium au travers duquel ils prendront la parole, il proposera une autre image de ces hommes que la société désigne de manière anonyme et froide sous le vocable de « migrants ».

Ce projet se construit dans l’échange, ils documentent leur quotidien en prenant des photos, en écrivant des textes sur leurs rencontres les événements qui les ont marqués. Mohamed est ainsi venu avec un texte, un poème qui parle d’amitié, les mots de Mohamed se sont imposés comme fil rouge de cette histoire

L’aventure a débuté le lundi 26, second jour de l’Eid, où Mohamed, Haroun et Abdallah nous ont accueilli dans l’appartement qu’ils occupent dans l’attente de leur régularisation. Nous avons pu faire la connaissance de leurs amis venus de Calais ou d’Abbeville pour célébrer ce jour de fête, et en apprendre un peu plus sur leur vie dans l’appartement, la routine quotidienne avec la répartition des tâches ménagères, leurs loisirs, et les repas dont celui qu’ils nous ont préparé… Ils ont répondu à nos questions, nous ont apporté des précisions. Ce moment s’est terminé en musique par un concert improvisé de musique soudanaise, le tout dans la joie et la bonne humeur.

Nous nous sommes rencontrés tous les jours durant cette semaine, filmant leurs activités – visite guidée de la maison de la culture organisée par le Secours Catholique, séance de calligraphie au Safran, promenade en ville…- tout en leur donnant la possibilité de nous montrer eux aussi ce qu’ils voyaient en leur confiant une caméra.

 

Pour les associer à l’étape du montage, nous avons invité Mohamed, Haroun, Abdallah et Kabor (qui a rejoint l’aventure par la suite) à Carmen. Ils ont découvert l’importance de cette étape dans la création d’un film. Très attentifs ils ont découvert les différentes fonctionnalités d’un logiciel de montage, et comment nous pouvions jouer avec le son et l’image pour créer du contenu.

L’idée à laquelle nous sommes parvenus est de monter le film en partant de l’appartement et en se servant du texte de Mohamed – filmé et enregistré au Safran – comme fil conducteur, et dont les différents paragraphes viendront introduire une idée et des images. Le montage sera un travail collectif, auquel ils participeront en choisissant les plans et en nous faisant part de leurs idées et visions.

Il a été très intéressant de dialoguer avec le groupe autours d’un café pour connaître leur vision du film et comment chacun d’entre eux pourra le présenter. Selon eux, le film est non seulement un moyen de proposer une autre image, loin de celle qui fait l’actualité quant il est question des réfugiés, et d’inviter le spectateur à s’intéresser à des questions comme la situation dans le Darfour ou la vie des réfugiés une fois arrivés en France ; mais c’est aussi le moyen de véhiculer d’autres messages plus personnels, comme la nécessité d’avoir de l’ambition, ou le fait de ne pas s’imposer de limites et de se dire que tout est possible.

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