Mozart est à nous

30 regards sur les mutations des quartiers nord d’Amiens

Réalisés par Flora Beillouin et Quentin Obarowski
avec l’association CARMEN

Neuf étages, quinze entrées, un château d’eau qui la distingue entre mille : la barre Mozart, comme on l’appelle ici, a quelque chose d’un Titanic échoué au milieu du Pigeonnier. En proie aux volatiles qui ont baptisé la zone, elle est l’un des emblèmes du quartier nord d’Amiens.

Aujourd’hui, plus de parents aux fenêtres, plus de hordes d’enfants jouant au pied des tours. La barre Mozart se tait, érodée par les vagues successives de rénovations urbaines. Vouée à la destruction à l’horizon 2020, elle ne compte plus qu’une soixantaine de logements occupés.

De temps en temps bien sûr, des machines à laver tombent encore du ciel et s’écrasent sur des pelouses qui en ont vu d’autres. Des camions de déménagement vont et viennent, accrochant aux rambardes leur chariot élévateur où s’amoncellent les objets durement choisis. Leurs signaux sonores sonnent la fin d’une époque. Derrière les portes pourtant, il reste encore des voix, des visages pour témoigner de trajectoires singulières, de quêtes d’identité, d’exils. D’autres sont déjà partis vers l’après. Parce que pour la plupart d’entre eux, il y aura un avant et un après Mozart. Tout comme pour celles et ceux – artistes, médiateurs, bailleurs, architectes – qui les accompagnent au fil de ce changement. Peu à peu ces voix forment un chœur, ces visages une fresque qui, érigée sur les vestiges de la mémoire collective, interroge les années à venir.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *