à propos

Neuf étages, quinze entrées, un château d’eau qui la distingue entre mille : la barre Mozart, comme on l’appelle ici, a quelque chose d’un Titanic échoué au milieu du Pigeonnier. En proie aux volatiles qui ont baptisé la zone, elle est l’un des emblèmes du quartier Nord d’Amiens.
Aujourd’hui, plus de parents aux fenêtres, plus de hordes d’enfants jouant au pied des tours. La barre Mozart se tait, érodée par les vagues successives de rénovations urbaines. Vouée à la destruction à l’horizon 2020, elle ne compte plus qu’une soixantaine de logements occupés.
De temps en temps bien sûr, des machines à laver tombent encore du ciel et s’écrasent sur des pelouses qui en ont vu d’autres. Des camions de déménagement vont et viennent, accrochant aux rambardes leur chariot élévateur où s’amoncellent les objets durement choisis. Leurs signaux sonores sonnent la fin d’une époque.
Derrière les portes pourtant, il reste encore des voix, des visages pour témoigner de trajectoires singulières, de quêtes d’identité, d’exils. D’autres sont déjà partis vers l’après. Parce que pour la plupart d’entre eux, il y aura un avant et un après Mozart. Tout comme pour celles et ceux – artistes, médiateurs, bailleurs, architectes – qui les accompagnent au fil de ce changement.
Peu à peu ces voix forment un chœur, ces visages une fresque qui, érigée sur les vestiges de la mémoire collective, interroge les années à venir.

réalisation

Quentin Obarowski

Après s’être formé aux techniques du montage vidéo, Quentin intègre en 2013 l’association amiénoise Carmen. Pendant trois années il évolue au sein de cette structure d’audiovisuel participatif et se tourne peu à peu vers la réalisation. En 2016, il reprend ses études universitaires et intègre la section cinéma à la faculté des Arts d’Amiens.

Aujourd’hui, il partage son temps entre les bancs de l’université, des collaborations professionnelles avec différentes associations d’audiovisuel dans la région Hauts-de-France et des projets personnels de films documentaires.

Flora Beillouin

Après avoir fait ses armes au service société de L’Humanité, Flora poursuit sa route en freelance, notamment pour Article 11, L’Impossible, Bouts du monde et Let’s Motiv depuis le Nord de la France, mais aussi au Mexique et en Argentine. En 2012, elle fonde à Angers l’atelier d’édition participatif La Marge, inspiré des « cartoneras », maisons d’édition artisanales découvertes à Buenos Aires.

Aujourd’hui installée à Lille, elle coordonne le Labo 148, une agence de production audiovisuelle menée par les jeunes de la métropole lilloise, et poursuit d’autres activités journalistiques et artistiques au sein du collectif La Friche. En résidence à CARMEN en 2017, elle coréalise le documentaire Colocataires avec Quentin Obarowski, l’histoire de quatre Soudanais se retrouvant à partager un appartement sur la route de l’exil. Cette collaboration se poursuit aujourd’hui avec la websérie documentaire Mozart est à nous !

Association CARMEN

Depuis plus de trente ans, l’association CARMEN se fait le porte-voix de ceux que l’on n’écoute pas.
En faisant de la vidéo un outil de médiation sociale, elle devient un acteur local incontournable sur le champ de l’audiovisuel participatif avec la télévision de quartier CanalNord.
Aujourd’hui, ses principales activités sont l’intervention sociale par l’image, l’éducation aux médias et à l’information, la production de films documentaires et la formation professionnelle.

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