Pas de Transformation sociale sans transformation des médias!

Communiqué de l’association Carmen – Canal Nord

La part de responsabilité des médias (à commencer par le plus populaire, la télévision) dans les résultats des élections est incontestable. Sans occulter les autres responsabilités, nous devons nous interroger sur celles des médias et des politiques censées les réguler.

Informations anxiogènes en boucle, simplification extrême de phénomènes complexes, course à l’audimat et à la rentabilité, course au scoop, mépris ou méconnaissance d’une grande partie de la population, substitution de la parole des citoyens par celle des experts, langage abscons, débats factices, des ingrédients qui nous ont conduit au rejet, à la méfiance, au repli, à la recherche de solutions simplistes et immédiates.

Dans une société de l’image, des médias, de l’information, l’absence de représentation médiatique équivaut à l’absence d’existence sociale et politique. Ce phénomène accentue la rupture opérée depuis plusieurs années entre les citoyens et ceux qui sont censés les représenter. Cocktail explosif qui conduit à la dépolitisation, le vote FN en est une conséquence, le radicalisme une autre.

Nous vivons dans un monde nouveau, globalisé, multi-connecté, mouvant, complexe. Les territoires sont des espaces vécus qui génèrent un sentiment d’appartenance fort, qui révèlent des identités et des valeurs spécifiques à chacun d’entre eux. La citoyenneté est mondiale mais la pensée se construit avant tout en local.

Les médias participent à la construction de notre représentation du monde et de notre environnement. Si nous ne voulons pas que nos territoires, locaux, régionaux ou nationaux deviennent des refuges guidés par la peur, le repli, la méfiance, le rejet, si au contraire nous souhaitons une citoyenneté mondiale, une cohésion territoriale, une ouverture vers les autres, il faut comprendre le monde tel qu’il est et que chacun puisse y trouver sa place. Les médias comme la politique ne peuvent plus être sur des modèles exclusivement descendants.

Les médias locaux, à fortiori les médias non marchand, indépendants, d’intérêt ou de service public, participatifs, sont indispensables au fonctionnement de la démocratie et à la cohésion sociale.
Les médias ne peuvent pas se substituer aux politiques, mais la communication ne peut pas se substituer à l’information ou au débat.

Tant que les politiques n’auront pas le courage ou l’intelligence de permettre réellement l’émergence et la viabilité de nouveaux médias, notamment locaux, aux côtés des médias de services publics, nous continuerons à cheminer vers l’obscurantisme.

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