Projet de développement des médias participatifs en Serbie et dans les Balkans

L’histoire de Carmen est jalonnée de rencontres. C’est en 2009 que nous rencontrons des Balkans, à Kosice, en Slovaquie, pendant les « Golden Beggar », festival international des télés locales. Nous nous retrouverons en 2010, puis 2011, toujours en Slovaquie.

Puis la rencontre de journalistes Balkans avec le concept du participatif au travers de nos expériences, rencontre de laquelle naîtra l’envie d’importer ce modèle, vecteur de liberté d’expression.
Nous conviendrons alors d’un rendez-vous en août 2011 pour mener un repérage dans le sud-est de la Serbie afin de construire le premier projet d’audiovisuel participatif dans les Balkans.

La Serbie vit une transformation de ses médias sans précédent. Une réforme est en cours, elle est fortement encouragée par l’Union Européenne qui a fixé la liberté d’expression comme un élément incontournable dans le processus d’adhésion. Certains médias ne se sont toujours pas émancipés des modèles Titiste et de Milosevic. L’autocensure, les pressions et les menaces sur les journalistes demeurent. L’audiovisuel participatif est une opportunité de contourner ces remparts.
Une partie de la population est prête à s’investir, à s’impliquer, désireuse de voir enfin le pays sortir d’un fonctionnement qu’elle a combattu et dont elle ne veut plus.
C’est le cas de Miroslav Nakov, journaliste à RTC (Dimitrovgrad), activiste, résistant anti-Milosevic, qui refuse que la jeunesse soit condamnée à choisir entre exil, fatalisme ou narcotrafic. Militant, progressiste, documentariste, Miroslav reste cantonné à la rubrique « sports » de RTC…

C’est lui qui nous guidera dans notre découverte du territoire et de ses habitants. En cinq jours, nous rencontrerons nos futurs partenaires : chef de projets européens, télévisions locales, élus locaux, municipalités, offices pour la jeunesse, député, journalistes, centres culturels, producteurs, artistes…
Rapidement le projet se dessine.
Nous imaginons une expérimentation dans trois villes du sud-est de la Serbie, Nis (2nde ville du pays), Pirot (45000 hts) et Dimitrovgrad (17000 hts), entre le printemps et l’automne 2012.
Il s’agirait de former des porteurs de projets, de les accompagner dans des expérimentations et dans leurs pérennisations. Si cette première expérience s’avère concluante, elle sera reproduite dans d’autres territoires, en Serbie puis ailleurs dans les Balkans (Bosnie, Croatie, Macédoine, Monténégro).

Ce projet devrait se concrétiser en 2012, il sera orienté vers la jeunesse. L’objectif sera d’implanter des unités de productions participatives dans les territoires, d’imaginer des projets qui permettront aux participants de travailler sur des thématiques communes, de croiser les regards. Pour cela, nous explorerons les potentiels des nouveaux outils, comme les smart phones ou les réseaux sociaux.
Des coopérations, des échanges culturels, artistiques avec des Français pourront être mis en place.
Même s’il est prématuré d’imaginer les futures orientations de ce projet, le contexte et l’histoire peuvent nous laisser supposer qu’après la jeunesse, ce travail pourrait se poursuivre en direction des minorités, qui bénéficient d’un statut spécifique, ou dans des actions d’échanges entre pays de l’ex-Yougoslavie.

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