Archives des mots-clefs : Canal Nord

Entretien avec Marwan Mohammed (partie 2)


Durée : 6’55

« La parole permet le conflit ».

Le parti-pris de Sylvie Coren pour la réalisation de B5S a été … de ne pas en avoir. Laisser venir les mots, les situations sans jugement de valeur, c’est ce que le film donne à voir et surtout à entendre. Encore faut-il vouloir entendre. Si pour Carmen cela va de soi, cela n’a pas été aussi simple pour une partie du public. Certaines paroles ont besoin d’être accompagnées, il faut quelque fois guider le spectateur pour l’aider à aller au delà du sens strict des mots, pour donner du sens et dépasser la peur qu’engendre certains discours.

Sans cette volonté d’écouter on ne peut espérer comprendre et ce qu’on ne comprend pas nous fait peur, c’est simple et c’est de ce terreau que se nourrissent les totalitarismes.

C’est ce que suggère MM quand il dit qu’en démocratie on ne peut imaginer avoir peur d’une parole;

C’est vrai la parole a ce pouvoir de faire peur, mais lorsqu’elle est libre elle est signe de démocratie.

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Entretien avec Marwan Mohammed (partie 1)

« Bloc 5 story » est un film sorti en 2011. Il est le fruit de la  collaboration entre Carmen et les membres du groupe de rap du quartier Fafet : Bloc 5.

Ce documentaire s’attache à décrire le quotidien de ces jeunes, la place de la musique et plus globalement leur vie dans Le quartier.La diffusion de « Bloc 5 story » a provoqué diverses réactions dont certaines très négatives de la part d’institutions ou d’associations. Peu d’arguments ont été avancés pour motiver ces réactions ou bien des arguments ne permettant pas d’expliquer un tel rejet. Nous avons sollicité Marwan Mohammed, docteur en sociologie et chercheur au CNRS, il est l’auteur d’ouvrages comme « La formation des bandes»* et « Les sorties de délinquance »**. Nous lui avons demandé de nous aider à réfléchir aux réactions suscitées par « Bloc 5 story ».

Marwan Mohammed a visionné le film puis il est venu nous rencontrer en avril 2012. Après une visite du quartier Fafet et un échange avec des membres du groupe Bloc 5, il nous a accordé un entretien dans lequel il propose une analyse de la réalité que le film donne à voir et un éclairage sur les réactions qu’il a suscitées.

Au cours de l’entretien, Marwan Mohammed fait régulièrement référence à des séquences du film, dans un souci de clarté, nous avons intercalé les séquences auxquelles il fait allusion ou bien les situations qui illustrent les réflexions du sociologue.

La chronologie de l’entretien a été respectée, la première partie que nous mettons en ligne à pour titre « Lutter contre la mort sociale » et revient sur les thèmes centraux du film : la rue et le collectif. Trois autres parties seront mises en ligne prochainement.

* Paris, PUF, collection « le lien social », 2011. / ** Paris, La découverte collection « Recherches », 2012.


Durée : 8’26

« Lutter contre la mort sociale ».

Dans cette partie Marwan Mohammed propose quelques clés de lecture des images de « Bloc 5 Story » et trace les premières pistes permettant de comprendre les réactions provoquées par ce film.

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Les débats de La Place des habitants.

Artistes et habitants se sont rencontrés tout au long de l’année 2012 à La Place des habitants dans les locaux du Cardan rue Fafet.

Invitations d’Artistes a été l’occasion d’exposer les travaux réalisés dans le cadre de cette action mais aussi de proposer des rencontres autour de thématiques essentielles pour les habitants. Ainsi, trois rencontres on été organisées sur 3 sujets : le logement, l’éducation et le rapport police/habitants. Chaque fois la forme était la même : des habitants, un spécialiste du sujet abordé, les intervenants de La Place des Habitants, des partenaires et un ou des élus engagent une discussion. La parole est modérée par Ixchel Delaporte, journaliste.

Chacune de ces rencontres a donné lieu a 2 ou 3 heures de discussion, il est difficile d’en proposer une diffusion in-extenso, nous avons donc découpé les films de façon à vous présenter les passages les plus significatifs. Il a été quelques fois difficile de procéder au découpage des séquences, nous nous sommes efforcés de rester fidèles aux propos tenus par les uns et les autres.

Rapport police/habitants, morceaux choisis.

Un rapport de force 1/4

Durée : 9’42

Ce 1er extrait aborde les rapports entre habitants et policiers, Emmanuel Boucher y évoque un film, il s’agit de Bloc 5 Story , réalisé par l’association Carmen dont un extrait vient d’être diffusé, on y voit un contrôle de police de nuit au pied d’un immeuble de la rue Fafet. Emmanuel Boucher développe son propos sur la rapport de force qui s’établit parfois entre habitants et policiers dans la vidéo n°4.

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La Formation des policiers 2/4

Durée : 11’04

Ce passage évoque la formation des policiers, celle-ci pose question aux participants : comment sont formés les policiers? Qu’apprend-on dans les écoles de police? Ce qui transparaît au travers des échanges et notamment au travers de la notion de discernement, semble être la question de la responsabilité du policier quand il est en situation. On forme un pilote de ligne, un médecin pour qu’il soit opérationnel dès sa prise de fonction pourquoi on ne fait pas pareil avec les policiers? C’est sans doute un peu plus compliqué que ça…

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Discrimination 3/4

Durée : 8’19

Certains cumulent les difficultés dans leur recherche, d’emploi ou d’insertion en général. La couleur de peau, l’adresse, sont autant d’obstacles rencontrés par les populations des quartiers ou d’ailleurs et qui attisent l’amertume et la rancoeur. Ici, c’est Larry, habitant du quartier et Lucien Fontaine, adjoint au maire qui relatent leur expérience de la discrimination. La discrimination est un mal qu’on ne saurait ignorer quand on veut lutter contre l’exclusion. La parole qu’il vous est proposée d’entendre ici montre si c’est nécessaire le besoin d’un combat opiniâtre contre la discrimination et ses effets.

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Police d’état ou police de proximité  4/4

Durée : 6’27

Manuel Boucher est sociologue, directeur scientifique du laboratoire d’étude et de recherche sociale de l’IRTS de Haute-Normandie, docteur en sciences de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Voilà pour le CV.

Cet extrait reprend les propos introductifs de Manuel Boucher. Cette contribution éclaire le contenu des interventions précédentes en mettant en perspective le fonctionnement et les missions de la police.

 

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Visite de l’exposition «Invitations d’Artiste»


Octobre 2012, dans le cadre d’Invitations d’Artistes, les enfants de la classe CP/CE1 de l’école Voltaire visitent la Place des Habitants dans
les locaux du Cardan à Fafet. Photographe, vidéaste, plasticien tous ont oeuvré au long de l’année dans ce lieu avec les habitants et les
écoliers. Ce qui est bien avec les enfants c’est qu’ils contemplent, réagissent, n’ont pas peur de commenter. Regarder avec leurs yeux donne un supplément d’âme aux oeuvres

Durée : 5’07

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Jacques Chirac à Amiens : visionnaire de l’urbanisme?


Ordre du jour chargé du conseil municipal ce 15 avril 1996 : pacte de relance, lancement de la Zone Franche Urbaine à Amiens. Pour l’occasion, l’assemblée des élus s’est déplacée à l’Albatros pour un de ces  conseils municipaux décentralisé qu’affectionnait le maire de l’époque. Avec, excusez du peu, le Président de la République en personne venu prendre part aux débat accentuant ainsi la solennité de l’instant. L’extrait que nous diffusons restitue la prise de parole de Jacques Chirac en clôture du conseil. Le Président nous livre sa vision de l’urbanisme : surprenant.

Durée : 6’05

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Rencontre OPH / La Place des Habitants

« La Place de Habitants »
jeudi 29 mars 2012.

Rencontre fleuve (plus de 3 heures) avec l’Office Public de l’Habitat, principal bailleur du quartier, représenté par M. Bachelay directeur général, M. Mahu, responsable du secteur Amiens Nord et la responsable de la communication.
Outre les habitantes, étaient présents Ixchel Delaporte (journaliste), Christophe Baticle (sociologue associé au Collectif La Forge).

Les représentants de l’Office souhaitaient projeter un Powerpoint, finalement M. Bachelay, a renoncé à cette forme d’exposé trop formel pour l’occasion et a commencé la présentation de l’ensemble des travaux en cours sur le quartier comprenant trois volets :
1/ la démolition de l’ensemble des bâtiments Brossolette soit 230 logements, pour y faire à moyen terme des aménagements que la collectivité va définir et qui comportera un volet habitat d’un autre type et de l’activité.
2/ La réhabilitation de Calmette (durée 9 mois).
3/ la réhabilitation de la résidence Fafet ainsi que la démolition de 2 entrées les 9 et 11, pour ouvrir un passage réservé aux piétons et cyclistes entre la rue fafet et le bd de Roubaix
L’ambition affichée de cette restructuration d’ampleur est de « permettre que ce quartier, mais c’est vrai de tous les quartiers d’Amiens, soit un quartier où on ait une mixité de population » dixit M. Bachelay.

Lors de cette rencontre de nombreux points ont été évoqués, de la façon dont l’OPH a organisé la concertation avec les habitants jusqu’aux questions relatives aux abris pour les scooter et vélos.

L’extrait que nous proposons ici rend en partie compte de la teneur des débats et notamment de la question de la mixité sociale attendue à terme.

Pour poursuivre la réflexion, Jeudi 4 octobre 2012, 23 rue Fafet à 17h00 et dans le cadre d’Invitations d’artistes à LA PLACE DES HABITANTS, nous rencontrons Barbara  Allen, directrice de recherches au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (http://www.cstb.fr/le-cstb/missions-et-metiers.html).
Nous débattrons avec elle de la question de la place laissée aux habitants dans les programmes de rénovation urbaine comme celui que connaît actuellement le quartier Fafet Brossolette Calmette.

Restitution sonore de la rencontre (durée : 4’43)  CLIQUER ICI

Chacune des rencontres organisées à La place des habitants donne lieu à l’écriture d’un texte. C’est en général Denis Lachaud, écrivain, qui livre une vision plus « littéraire » des échanges. Ce jour là, c’est Ixchel Delaporte (journaliste au quotidien l’humanité) qui propose son point de vue au travers du texte ci-dessous.

Ixchel Delaporte édite par ailleurs un blog : « Côté quartier, le blog des quartiers populaires » (http://quartierspop.over-blog.fr/).

Changer les habitants pour changer l’image ou l’inverse…

–  Dialogue ou monologue ? –

A deux, avec le PowerPoint. Madame la responsable de la communication et Monsieur le responsable du secteur Amiens Nord. Le troisième, Monsieur le directeur général de l’OPAC, arrive quelques minutes plus tard. Le café fume. On sert. Les habitantes, silencieuses. On s’observe. La lettre des habitantes aux autorités… Tout a commencé par ça. Les trois responsables hochent de la tête. On n’était pas sûr de les voir aujourd’hui. C’est très ouvert alors ? Le PowerPoint ne sera peut-être pas nécessaire. On va l’éteindre. Le petit bruit de fond s’évapore. On peut commencer.
« Je tenais à être présent à double titre. Avoir des moments de rencontres avec les habitants, c’est important, être à l’écoute aussi, car nous sommes un acteur très important sur le quartier Nord… » Le discours est rodé. Le préambule s’étire.
« Avec l’ANRU, on procède à une restructuration très importante, des évolutions significatives. Il y a des difficultés certes mais on est là pour en parler. Je veux vous dire que nous avons une vraie volonté d’agir sur ce quartier, des ambitions très fortes… ».
Trois pages remplies de mon cahier et les habitantes n’ont pas parlé.
« Des démolitions sont en cours sur Brossolette, nous avons rencontré l’ensemble des familles. Il en reste toujours 40. A l’arrivée, nous aurons une autre forme urbaine du collectif et de l’individuel… A Calmette, il s’est passé beaucoup de choses, nous avons consulté les habitants… Il y aura aussi une réhabilitation importante des parties communes. L’objectif est de mener à bien les travaux »
La solennité du discours empêche. La marge d’intervention est faible.
Une habitante interrompt : « Quelles personnes peuvent prétendre à ces logements réhabilités ? »
Pas de réponse. Pas question de gripper la machine. Monsieur le directeur poursuit sa conférence, lui qui est venu pour écouter. Encore deux pages de notes bien serrées. Une plaquette de promotion de la rénovation urbaine aurait fait l’affaire.
« Mais comment va-t-on attribuer ces logements ? »
Réponse : « Notre objectif c’est que le quartier soit ouvert à tous. Ici les gens sont très attachés à leur quartier. D’autres ont pu aller habiter ailleurs. On n’a pas de principe arrêté. On espère favoriser une mixité de population ».

–   Dialogue ou monologue ? –

Et la mixité, celle que tout le monde attend, comment on la fabrique ? « On y arrivera par la manière dont on va parler de notre quartier, de votre quartier qui présente des difficultés mais on peut les surmonter. Le changement d’image ne peut pas se faire en coup de baguette magique ». Changer les habitants pour changer l’image ou l’inverse ?Une deuxième habitante : « Mais les travaux extérieurs de Calmette… »« Ils seront présentés dans les mois qui viennent aux habitants ». Fermer le banc.Monsieur le directeur général de l’OPAC concède qu’il y ait des inquiétudes, c’est légitime. Mais, des mesures de satisfactions existent. 600 familles ont été interrogées et de façon aléatoire. « C’est fondamental d’être précis sur ce qu’on va leur dire ». Oui, c’est fondamental d’être précis.Une troisième ose : « C’est bien de savoir pour les blocs mais… »
Monsieur le directeur général de l’OPAC fait mine de s’insurger : « Je ne veux pas entendre parler de blocs et de cages d’escaliers ». Le ton sonne paternaliste.
« Si. C’est des cages à lapin, murmure une habitante, des barres et des blocs ».
Alors, plus de blocs, plus de barres, plus de cages ? Comment nommer pour effacer les traces, Monsieur le directeur ?
« On ne maintiendra pas les caves, partout où il y en a, on les supprime. C’est une décision irrévocable. On aura la possibilité d’avoir des aménagements extérieurs. » Irrévocable…
« Vous dites : on va vous présenter les projets mais on n’a pas notre mot à dire sur les extérieurs », s’emporte une habitante. Enquêtes, 75% de réponses, questionnaire etc…
« Moi, pour déménager, on me propose des endroits que je ne demande pas. Depuis que j’ai refusé un logement, je n’ai plus de nouvelles. Pourquoi ? ». Taux d’effort, reste à vivre, commission d’attributions de logements…
« On n’y croit plus de toutes façons. On est à Fafet, on restera à Fafet. Je suis déçue »
Cinq pages de cahier, cinq pages d’explications techniques et d’autosatisfaction. Et deux lignes de requêtes : « On aimerait bien avoir des abris, des tables, des bancs pour se retrouver. Je donne une idée comme ça. Ca permettrait de se réunir et de se rapprocher ».
Trois pages supplémentaires. Irrévocables ?
« Moi j’ai peur que ce soit trop tard pour demander des choses. Tout est déjà décidé. Le problème, c’est qu’il y a des gens qui ne croient plus en rien. On nous dit qu’il y a des choses qui vont changer mais au final, rien ne change ».
« Pour qu’une telle opération ait des chances de marcher, il faut un dialogue permanent », conclut le directeur, son PowerPoint dans la tête.

–  Dialogue ou monologue ? –

Ixchel Delaporte

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La récolte des fraises


Une récolte gourmande dans le cadre du projet «Du Jardin à l’Assiette».
Durée : 7’36

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Récolte de fin d’année à l’école Voltaire


En cette fin d’année scolaire, alors que le quartier est en pleine rénovation, des initiatives ramassent les fruits de leurs récoltes, sous le soleil !
Inauguration festive d’un mur chatoyant à l’entrée de l’école Voltaire.
Durée : 6’02

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Le jardin du bout de la rue


Une après-midi culinaire dans le cadre du projet «Du Jardin à l’Assiette» engagé par l’APAP dans le dispositif de réussite éducative avec le Cardan.
De belles graines pour l’avenir !
Durée : 6’18

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La voix du peuple – émission 5

Toujours dans le cadre de son travail participatif avec les jeunes du quartier Étouvie, cette émission a été enregistrée cette fois-ci au CSC Étouvie.
Shana, Maeva, Lorinda, Betty, Nora, Kimberley, Noémie, Yasmine, Bassim, Isham, Teddy, Avisben, Jason, Nassirdine, Émilie, Ismael et Manu ont discuté de diverses discriminations (à l’emploi, au logement, parité homme-femme, handicap, homophobie) sous la forme d’un débat public.
Pour l’occasion ils ont rebaptisé l’émission «Paroles de jeunes».
Afin d’éclaircir certaines questions aux réponses un peu floues, Mme Minard-Plassiart (défenseur des droits à la Maison de l’Egalité) est venue analyser le débat avec Lyacout.
Ce débat ayant été très riche, cette émission trouvera suite dans «La Voix du Peuple 6».
Playlist musicale : Anitek, Red Alert, Gunshot, Tupac, Zebda, Lotek.

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