Archives des mots-clefs : La Place des Habitants

Suite des débats de La Place des habitants 2.

Samedi 6 octobre 2012 le débat portait sur l’éducation.
Avec Laurent Ott, éducateur spécialisé, ancien Instituteur et directeur de l’association Intermèdes-Robinson dans l’Essonne (91) et Marion Lepresle, 2ème adjoint au Maire à l’enfance, l’éducation et la restauration scolaire.

Laurent Ott, inspiré de la pédagogie Freinet, remet en question l’école française où l’on apprend aux enfants à se taire. Il nous donne un éclairage sur ce que devrait être la place des parents et la formation des enseignants et parle de son expérience à Longjumeau où il travaille dans la rue comme lieu public de productions et de créativité.

Célestin Freinet (1889-1966) développe avec un réseau d’instituteurs des techniques pédagogiques basées sur l’expression des enfants. Les écoles Freinet en France se comptent sur les doigts de la main, par contre de nombreux enseignants s’inspirent de ces méthodes. Ils sont regroupés au sein de l’ICEM, institut coopératif de l’école moderne et partagent leurs expériences dans des groupements départementaux.


Durée : 12’14

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Suite des débats de La Place des habitants.

Suite des débats organisés en marge d’Invitations d’Artistes. Le 4 octobre 2012 la discussion portait sur le logement. Le débat a eu lieu au 23 rue Fafet dans les locaux du Cardan. Pour débattre avec les habitants du quartier, étaient réunis autour de la table : Barbara Allen, directrice de recherche au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), Isabelle Graux, adjointe au logement et présidente de l’OPAC et Etienne Desjonqueres, adjoint à la démocratie locale et à la vie associative.
Au-delà de la question du logement, le débat s’est élargi rapidement aux conditions nécessaires à l’amélioration de la vie individuelle et collective des habitants du quartier. Ils ont une expertise sur ces questions et des projets de création d’espace de convivialité pour lesquels ils souhaitent être entendus !

Morceaux choisis.

Où l’on explique qu’habiter ne se résume pas à se loger.

Durée : 14’04

Suite des chroniques de Saad, 12 ans. Il habite le quartier avec sa famille et s’est passionné pour Invitation d’Artistes, une exposition des travaux réalisés toute l’année avec les habitants du quartier, installée Place des Habitants au 23 rue Fafet et des débats qui s’y sont déroulés.

Avec cette chronique, Saad donne un éclairage sur le contexte des débats et un résumé précis de la soirée autour de thème du logement !


Durée : 6’38

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Les débats de La Place des habitants.

Artistes et habitants se sont rencontrés tout au long de l’année 2012 à La Place des habitants dans les locaux du Cardan rue Fafet.

Invitations d’Artistes a été l’occasion d’exposer les travaux réalisés dans le cadre de cette action mais aussi de proposer des rencontres autour de thématiques essentielles pour les habitants. Ainsi, trois rencontres on été organisées sur 3 sujets : le logement, l’éducation et le rapport police/habitants. Chaque fois la forme était la même : des habitants, un spécialiste du sujet abordé, les intervenants de La Place des Habitants, des partenaires et un ou des élus engagent une discussion. La parole est modérée par Ixchel Delaporte, journaliste.

Chacune de ces rencontres a donné lieu a 2 ou 3 heures de discussion, il est difficile d’en proposer une diffusion in-extenso, nous avons donc découpé les films de façon à vous présenter les passages les plus significatifs. Il a été quelques fois difficile de procéder au découpage des séquences, nous nous sommes efforcés de rester fidèles aux propos tenus par les uns et les autres.

Rapport police/habitants, morceaux choisis.

Un rapport de force 1/4

Durée : 9’42

Ce 1er extrait aborde les rapports entre habitants et policiers, Emmanuel Boucher y évoque un film, il s’agit de Bloc 5 Story , réalisé par l’association Carmen dont un extrait vient d’être diffusé, on y voit un contrôle de police de nuit au pied d’un immeuble de la rue Fafet. Emmanuel Boucher développe son propos sur la rapport de force qui s’établit parfois entre habitants et policiers dans la vidéo n°4.

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La Formation des policiers 2/4

Durée : 11’04

Ce passage évoque la formation des policiers, celle-ci pose question aux participants : comment sont formés les policiers? Qu’apprend-on dans les écoles de police? Ce qui transparaît au travers des échanges et notamment au travers de la notion de discernement, semble être la question de la responsabilité du policier quand il est en situation. On forme un pilote de ligne, un médecin pour qu’il soit opérationnel dès sa prise de fonction pourquoi on ne fait pas pareil avec les policiers? C’est sans doute un peu plus compliqué que ça…

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Discrimination 3/4

Durée : 8’19

Certains cumulent les difficultés dans leur recherche, d’emploi ou d’insertion en général. La couleur de peau, l’adresse, sont autant d’obstacles rencontrés par les populations des quartiers ou d’ailleurs et qui attisent l’amertume et la rancoeur. Ici, c’est Larry, habitant du quartier et Lucien Fontaine, adjoint au maire qui relatent leur expérience de la discrimination. La discrimination est un mal qu’on ne saurait ignorer quand on veut lutter contre l’exclusion. La parole qu’il vous est proposée d’entendre ici montre si c’est nécessaire le besoin d’un combat opiniâtre contre la discrimination et ses effets.

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Police d’état ou police de proximité  4/4

Durée : 6’27

Manuel Boucher est sociologue, directeur scientifique du laboratoire d’étude et de recherche sociale de l’IRTS de Haute-Normandie, docteur en sciences de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Voilà pour le CV.

Cet extrait reprend les propos introductifs de Manuel Boucher. Cette contribution éclaire le contenu des interventions précédentes en mettant en perspective le fonctionnement et les missions de la police.

 

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Visite de l’exposition «Invitations d’Artiste»


Octobre 2012, dans le cadre d’Invitations d’Artistes, les enfants de la classe CP/CE1 de l’école Voltaire visitent la Place des Habitants dans
les locaux du Cardan à Fafet. Photographe, vidéaste, plasticien tous ont oeuvré au long de l’année dans ce lieu avec les habitants et les
écoliers. Ce qui est bien avec les enfants c’est qu’ils contemplent, réagissent, n’ont pas peur de commenter. Regarder avec leurs yeux donne un supplément d’âme aux oeuvres

Durée : 5’07

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Invitation d’artistes / La Place des Habitants


Un reportage de Saad sur « La Place des Habitants »
Durée : 4’17

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Rencontre OPH / La Place des Habitants

« La Place de Habitants »
jeudi 29 mars 2012.

Rencontre fleuve (plus de 3 heures) avec l’Office Public de l’Habitat, principal bailleur du quartier, représenté par M. Bachelay directeur général, M. Mahu, responsable du secteur Amiens Nord et la responsable de la communication.
Outre les habitantes, étaient présents Ixchel Delaporte (journaliste), Christophe Baticle (sociologue associé au Collectif La Forge).

Les représentants de l’Office souhaitaient projeter un Powerpoint, finalement M. Bachelay, a renoncé à cette forme d’exposé trop formel pour l’occasion et a commencé la présentation de l’ensemble des travaux en cours sur le quartier comprenant trois volets :
1/ la démolition de l’ensemble des bâtiments Brossolette soit 230 logements, pour y faire à moyen terme des aménagements que la collectivité va définir et qui comportera un volet habitat d’un autre type et de l’activité.
2/ La réhabilitation de Calmette (durée 9 mois).
3/ la réhabilitation de la résidence Fafet ainsi que la démolition de 2 entrées les 9 et 11, pour ouvrir un passage réservé aux piétons et cyclistes entre la rue fafet et le bd de Roubaix
L’ambition affichée de cette restructuration d’ampleur est de « permettre que ce quartier, mais c’est vrai de tous les quartiers d’Amiens, soit un quartier où on ait une mixité de population » dixit M. Bachelay.

Lors de cette rencontre de nombreux points ont été évoqués, de la façon dont l’OPH a organisé la concertation avec les habitants jusqu’aux questions relatives aux abris pour les scooter et vélos.

L’extrait que nous proposons ici rend en partie compte de la teneur des débats et notamment de la question de la mixité sociale attendue à terme.

Pour poursuivre la réflexion, Jeudi 4 octobre 2012, 23 rue Fafet à 17h00 et dans le cadre d’Invitations d’artistes à LA PLACE DES HABITANTS, nous rencontrons Barbara  Allen, directrice de recherches au Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (http://www.cstb.fr/le-cstb/missions-et-metiers.html).
Nous débattrons avec elle de la question de la place laissée aux habitants dans les programmes de rénovation urbaine comme celui que connaît actuellement le quartier Fafet Brossolette Calmette.

Restitution sonore de la rencontre (durée : 4’43)  CLIQUER ICI

Chacune des rencontres organisées à La place des habitants donne lieu à l’écriture d’un texte. C’est en général Denis Lachaud, écrivain, qui livre une vision plus « littéraire » des échanges. Ce jour là, c’est Ixchel Delaporte (journaliste au quotidien l’humanité) qui propose son point de vue au travers du texte ci-dessous.

Ixchel Delaporte édite par ailleurs un blog : « Côté quartier, le blog des quartiers populaires » (http://quartierspop.over-blog.fr/).

Changer les habitants pour changer l’image ou l’inverse…

–  Dialogue ou monologue ? –

A deux, avec le PowerPoint. Madame la responsable de la communication et Monsieur le responsable du secteur Amiens Nord. Le troisième, Monsieur le directeur général de l’OPAC, arrive quelques minutes plus tard. Le café fume. On sert. Les habitantes, silencieuses. On s’observe. La lettre des habitantes aux autorités… Tout a commencé par ça. Les trois responsables hochent de la tête. On n’était pas sûr de les voir aujourd’hui. C’est très ouvert alors ? Le PowerPoint ne sera peut-être pas nécessaire. On va l’éteindre. Le petit bruit de fond s’évapore. On peut commencer.
« Je tenais à être présent à double titre. Avoir des moments de rencontres avec les habitants, c’est important, être à l’écoute aussi, car nous sommes un acteur très important sur le quartier Nord… » Le discours est rodé. Le préambule s’étire.
« Avec l’ANRU, on procède à une restructuration très importante, des évolutions significatives. Il y a des difficultés certes mais on est là pour en parler. Je veux vous dire que nous avons une vraie volonté d’agir sur ce quartier, des ambitions très fortes… ».
Trois pages remplies de mon cahier et les habitantes n’ont pas parlé.
« Des démolitions sont en cours sur Brossolette, nous avons rencontré l’ensemble des familles. Il en reste toujours 40. A l’arrivée, nous aurons une autre forme urbaine du collectif et de l’individuel… A Calmette, il s’est passé beaucoup de choses, nous avons consulté les habitants… Il y aura aussi une réhabilitation importante des parties communes. L’objectif est de mener à bien les travaux »
La solennité du discours empêche. La marge d’intervention est faible.
Une habitante interrompt : « Quelles personnes peuvent prétendre à ces logements réhabilités ? »
Pas de réponse. Pas question de gripper la machine. Monsieur le directeur poursuit sa conférence, lui qui est venu pour écouter. Encore deux pages de notes bien serrées. Une plaquette de promotion de la rénovation urbaine aurait fait l’affaire.
« Mais comment va-t-on attribuer ces logements ? »
Réponse : « Notre objectif c’est que le quartier soit ouvert à tous. Ici les gens sont très attachés à leur quartier. D’autres ont pu aller habiter ailleurs. On n’a pas de principe arrêté. On espère favoriser une mixité de population ».

–   Dialogue ou monologue ? –

Et la mixité, celle que tout le monde attend, comment on la fabrique ? « On y arrivera par la manière dont on va parler de notre quartier, de votre quartier qui présente des difficultés mais on peut les surmonter. Le changement d’image ne peut pas se faire en coup de baguette magique ». Changer les habitants pour changer l’image ou l’inverse ?Une deuxième habitante : « Mais les travaux extérieurs de Calmette… »« Ils seront présentés dans les mois qui viennent aux habitants ». Fermer le banc.Monsieur le directeur général de l’OPAC concède qu’il y ait des inquiétudes, c’est légitime. Mais, des mesures de satisfactions existent. 600 familles ont été interrogées et de façon aléatoire. « C’est fondamental d’être précis sur ce qu’on va leur dire ». Oui, c’est fondamental d’être précis.Une troisième ose : « C’est bien de savoir pour les blocs mais… »
Monsieur le directeur général de l’OPAC fait mine de s’insurger : « Je ne veux pas entendre parler de blocs et de cages d’escaliers ». Le ton sonne paternaliste.
« Si. C’est des cages à lapin, murmure une habitante, des barres et des blocs ».
Alors, plus de blocs, plus de barres, plus de cages ? Comment nommer pour effacer les traces, Monsieur le directeur ?
« On ne maintiendra pas les caves, partout où il y en a, on les supprime. C’est une décision irrévocable. On aura la possibilité d’avoir des aménagements extérieurs. » Irrévocable…
« Vous dites : on va vous présenter les projets mais on n’a pas notre mot à dire sur les extérieurs », s’emporte une habitante. Enquêtes, 75% de réponses, questionnaire etc…
« Moi, pour déménager, on me propose des endroits que je ne demande pas. Depuis que j’ai refusé un logement, je n’ai plus de nouvelles. Pourquoi ? ». Taux d’effort, reste à vivre, commission d’attributions de logements…
« On n’y croit plus de toutes façons. On est à Fafet, on restera à Fafet. Je suis déçue »
Cinq pages de cahier, cinq pages d’explications techniques et d’autosatisfaction. Et deux lignes de requêtes : « On aimerait bien avoir des abris, des tables, des bancs pour se retrouver. Je donne une idée comme ça. Ca permettrait de se réunir et de se rapprocher ».
Trois pages supplémentaires. Irrévocables ?
« Moi j’ai peur que ce soit trop tard pour demander des choses. Tout est déjà décidé. Le problème, c’est qu’il y a des gens qui ne croient plus en rien. On nous dit qu’il y a des choses qui vont changer mais au final, rien ne change ».
« Pour qu’une telle opération ait des chances de marcher, il faut un dialogue permanent », conclut le directeur, son PowerPoint dans la tête.

–  Dialogue ou monologue ? –

Ixchel Delaporte

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